J57 : Le grand saut

Pokhara

8h24 : Voilà enfin le moment que j’attendais tant. Un projet qui se réalise. Pourtant j’ai la boule dans le ventre, j’ai clairement peur. Où vais-je m’aventurer ? Cette fois je suis confronté à mes ambitions et finalement, le courage m’échappe. Je prépare mon sac et de nombreuses questions viennent dans ma tête. Saurais-je m’intégrer ? Comment vont-ils m’accueillir ? C’est le grand saut pour moi.

Galafu

21h24 : Je prends mon courage à deux mains et je me lance. Ganesh vient me chercher à moto pour m’accompagner à la « Dirt road » 40 minutes plus loin. Le voyage est un supplice. Mon sac de 25 kilo m’entraine vers l’arrière à chaque accélération de la pétrolette et je tente de le retenir à la force de mes bras et de mes pauvres abdos. Mes bras tremblent en récupérant mes forces dans un village perdu sur la Priviti Highway. Maintenant, je suis seul et direction Galafu. Mais oui Galafu, le village où j’avais été précédemment « reporter photo » pour un journal local, souvenez-vous. Le bus est là aussi une épreuve. 3 heures pour faire à peine 20 bornes. La route est complètement défoncée et les arrêts sont fréquents pour charger poules, sac de blé ou autres passagers. Le népalais d’à côté me gueule dans l’oreille pendant que j’essaie de terminer mon livre malgré les secousses. Finalement, je sympathise avec la népalaise d’à côté qui m’offre des gâteaux. Elle veut se marier avec moi me dit le voisin qui parle un peu Anglais ! Un peu rapide non ? Rire et incompréhension, c’est l’isolement mais l’accueil est là, chaleureux, souriant malgré les milliers de kilomètres qui me séparent de leur culture.

J’arrive au terminus qui correspond en faite à l’écroulement la route et l’équipe scolaire est là pour m’accueillir. Ils m’offrent thé et chapati et me salue avec un immense respect que je leur retourne : « Namaskar ». Ils veulent absolument porter mon sac que je refuse catégoriquement. Il le prenne mal m’expliquant qu’il faut que j’aie confiance avec un anglais aussi bon que mon allemand. Je leur explique tant bien que mal en tapant sur le dos du porteur népali qui devait supporter la lourde charge. Petite marche et je rejoins ma famille d’accueil. Ici, personne ne parle Anglais. Je répète les phrases en Népali qu’ils tentent de m’apprendre mais sans traduction … ! Heureusement, un chat passait par là : « Biralou » ! OK j’en ai un.

Dhal Bat (riz lentille) arrosé de bonne lampée de Rakshi (l’alcool locale fait à base de millet qui est plutôt … immonde !). L’accueil est formidable pour une famille si pauvre. Il m’offre une chambre avec un lit et moustiquaire. Moi qui pensais dormir par terre ! Je ne sais pas comment les remercier et j’espère qu’ils n’ont pas sacrifié leur lit pour moi mais le problème est toujours le même : comment le savoir ?

L’apprentissage va être difficile mais je me sens bien ici, c’est calme, très calme. Faut dire qu’il n’y a rien tout simplement. Je compte progresser en népali pour leur dire ma reconnaissance en partant. En tout cas, mon projet va être une entreprise difficile, plus difficile que prévu. Voyons demain !

Photos (enfin sans « s », y’en a qu’une !)

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