J82 : Local Bus (épisode 3)

Jiri Bazaar (1955m)

16h47 : Ah la station de bus de Katmandou ! Sorte de grand terrain vague avec une tonne de détritus qui jonchent le sol et des dizaines et des dizaines de bus défoncés qui usent du klaxon pour se frayer un chemin dans la foule des Népalis. Voilà dans quoi je me trouvais ce matin sans avoir pris de petit dèj et pas encore tout à fait réveillé à 6h30 du mat. Bonjour Népal ! Je cherche quelques touristes du regard pour rendre l’expérience moins intense … je n’en trouve pas AH AH. Je trouve avec quelques difficultés mon bus (chiffres Népalais) mais heureusement, on est toujours là pour m’aider et je m’installe dans ce bus déglingué sur ce siège qui me verra souffrir pendant 10 heures. Je dois malheureusement gardé mon gros sac de trek sur mes genoux. Aïe. Le bus est blindé mais quand je dis blindé, c’est blindé à la Népalaise. C’est-à-dire que non seulement toutes les places assises sont prises, mais aussi tout l’espace intérieur (environs une dizaine de personnes debout) et aussi le toit qui est surpeuplé. Ah ah l’aventure recommence en force. Je sers donc de siège pour 2 personnes qui s’installe confortablement sur mon épaule et sur mon genou pendant tout le trajet et c’est la porte ouverte que le bus fonce dans la circulation dense de Katmandou. Pourquoi la porte ouverte ? Tout simplement pour pouvoir prendre d’autres passagers sur le parcours qui s’accroche à l’extérieur du bus. Nous arrivons vite sur des crêtes vertigineuses perdues dans les nuages. Les rizières en terrasse s’étalent à perte de vue et même sur les collines les plus abruptes. C’est vraiment beau. La porte reste toujours ouverte et un népalais sert d’aide au conducteur pour l’aider à passer dans les endroits délicats. Ca tape la carlingue et ça siffle pour donner le signal au pilote qu’il peut rouler en « sureté » car la poule est partie de dessous les rues où alors il a au moins 2 centimètres pour ne pas tomber dans le ravin. Un drôle de manège agréable à regarder faire. Après 10 heures à servir donc de siège, nous arrivons à Jiri Bazaar perdu dans le creux d’une vallée. Jiri qui est aussi appelé « la petite Suisse ». Ca semble plus riche que les Annapurnas, les maisons ne sont pas aussi précaires. Je me trouve dans un lodge sans prétention et étudie la carte pour le début de mon parcours. Je n’ai trouvé aucun touriste dans le village. C’est ici que commence la route historique vers le fameux Solu Khumbu, pays du peuple Sherpa. Le trek commence demain.

18h57 : Finalement, un Belge sorti de nulle part débarque dans mon lodge. Il redescend vers Katmandou et me rassure en me disant qu’il n’a croisé aucun touriste sur la route. AH AH. Heureusement, il vit dans le Khumbu et me flingue un par un les endroits où j’avais prévu de passer. « Non pas par là, trop dangereux », « Si tu prends par là, fait bien attention à laisser les lacs sur ta gauche, OK ? Sur ta gauche, surtout pas sur ta droite ». Je note avec précaution ces précieux conseils que je ferais valider plus tard par les gens du pays, car pour l’instant je ne les comprends pas vraiment sans avoir la topologie du terrain sous les yeux. Je redécouvre le parfum de l’aventure ici dans un Népal qui est encore inconnu pour moi, celui du Khumbu. Depuis 3 mois que je voyage dans ce pays, les paysages commençaient à se ressembler. Mais je sens que le pays Sherpa à beaucoup de trésors à m’offrir. Mais avant tout, 6 jours de marche en solitaire m’attendent avant d’atteindre la porte de ce pays, Lukla.

Photo (oui y’en a qu’une !)

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