J88 : Landslide

6ème jour de marche

Lukla (2800m)

18h12 : Cette journée était tout simplement horrible, de loin la pire journée de trek que j’ai vécu jusque là. Je me réveille dans mon lodge de Kharikhola avec difficulté et voit que le temps n’est pas au rendez-vous. Je me motive pour prendre mon petit dèj et refaire mon sac version pluie. Mes affaires sont encore humide ce qui rajoute du poid à mon sac. Je décolle vers 7h30 du lodge et c’est là que les ennuis commencent. La pluie ne s’arrête pas, elle empire même. J’espèrerais toute la journée que cette satanée pluie s’arrête. Malheureusement c’est sans espoir. La route monte et descend et je reste constamment dans le brouillard. Je ne vois rien de mes 9 heures de marches. A l’origine, je devais mettre simplement 6 heures voir même 5 selon certains népalais pour arriver à Lukla. Je demande au fur et à mesure la route et le temps ne raccourcit pas. C’est une pluie battante qui s’abat sur la capuche de ma Gore-Tex et qui me martèle le crane pendant des heures. Mon lecteur MP3 rend l’âme et je n’entends que le bruit des gouttes. Je deviens fou. Je suis en colère, contre moi, contre la montagne qui déverse ses tonnes d’eau contre moi. Le chemin devient glissant, très glissant. Je passe par beaucoup d’éboulement et je me retrouve seul sur la route. Je ne croise plus personnes pendant des heures. Plus de porteurs, plus de Tea House encore ouverte. Je suis constamment dans le nuage. C’est déprimant, démoralisant, physique et mentalement, c’est très dur. Ca monte et ça descend constamment. Je pousse des cris de colère quand je vois le chemin qui monte sec devant moi et hurle quand le chemine descend. Je prends même peur parfois quand le nuage se dissipe légèrement et que je vois le vide à côté de moi. Je suis épuisé et la route est encore longue apparemment. Je n’ose plus regarder la carte. Je demande au lodge ou je prends ma soupe le temps qu’il me reste. Il est 14 heures. Ils me répondent 3 heures. Je n’y crois pas. C’est souvent que les lodges nous donnent un temps surestimé pour nous démotiver et nous forcer à passer la nuit chez eux. Je continue, renfile ma Gore-Tex trempé et reprend la route. Tout est trempé. Je flotte dans mes chaussures, mon sac prend l’eau malgré la protection pluie, ma Gore-Tex n’est plus efficace. Je hurle, je crie, je suis en colère. Pourquoi ai-je pris la route aujourd’hui. Les gouttes qui frappent la capuche inlassablement me rendent fou. J’avance à un rythme soutenue, très soutenue, trop soutenue. Je cours presque, presser d’arriver à la seul ville qui peut m’offrir le luxe d’un sèche linge. Je n’ai pas le choix. Tout est trempé. Il faut que j’arrive à Lukla impérativement. Après 7 heures de marche, j’arrive dans un dédale de chemins qui contourne une quantité innombrable de champs. Un vrai labyrinthe. Je me perds forcément et je passe dans les chemins encadrés de mur de pierre avec de l’eau jusqu’au milieu des mollets. Je n’en peux plus. Je frappe à toutes les maisons pour demander ma route. Beaucoup sont vides. J’arrive à trouver quelqu’un qui m’indique la route pour Lukla. Après la colline. Je n’ose même pas y croire. Moi qui croyais être arrivé dans quelques minutes, me voilà avec encore une bonne heure de marche pour grimper cette maudite colline. J’accélère le rythme et devient fou. Je cours presque pour arriver dans cette ville inatteignable. Je suis épuiser et je ne sais pas comment je trouve la force de pousser mon rythme à fond. La pluie redouble d’intensité et le chemin est interminable. Au détour d’un virage, je vois enfin la porte d’entré à Lukla. Pas de satisfaction, pas de soulagement, juste de la rage et de la colère après cette journée dans l’enfer de la mousson version Himalaya. Je fonce dans la rue principale de Lukla. Trouver un logde, vite. Tout est fermé ici. Je marche, je marche. Passe l’aéroport avec la piste d’atterrissage impressionnante. Elle est inclinée à bien 5%, pas plate ! Je trouve enfin un lodge qui à l’air confortable. Je me pose et fais sécher mes affaires dans la pièce commune. Tout est trempé, sac de couchage, vêtements TOUT. Mon sac devait bien peser 18 kilos avec les litres de flotte qui se sont invité sans mon accord. Je prends une douche chaude bien mérité et en sortant. La pluie c’est arrêté. Je rigole avec le gérant sur cette aventure, je retrouve petit à petit ma bonne humeur et la force de continuer. Il faut dire que je n’avais qu’une idée en marchant cette journée. Arrivé à Lukla et prendre l’avion pour rentrer à Katmandou fisa, loin de cet enfer. Je vais quand même m’accorder une petite journée de repos, je suis épuisé et la route est encore longue.

Pas de photos

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3 réponses à “J88 : Landslide

  1. courage courage …

  2. Que te dire, après cette lecture, nous ne pouvons que te dire que le soleil revient après la pluie, mais c’est quand même la mousson…..
    Tiens le coup et tout le monde te souhaite bon courage et bonne route pour la suite. Je souhaite que la montagne te fera le cadeau d’ouvrir une fenêtre pour prendre la photo que tu souhaites.
    Gros bisous de tous
    Maman

  3. Courage, tous ces moments de font apprecier d autant plus un peu de confort quand tu en trouves! Mais prends un guide la prochaine fois!!

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