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FIN

Au final, c’est quoi le voyage ?

Fuite de l’ordinaire pour chercher l’extraordinaire. Aventure nomade pour esprits sédentaires. Chocs culturelles pour perdre nos repères. Rencontres éphémères pour souvenir éternel. On cherche sa place mais on ne la trouve jamais. On avance sans savoir où aller. Alors le voyage, c’est se perdre … pour au final se retrouver.

C’est ma vision des choses et vous en aurez surement une autre. Chacun y trouve son compte et c’est ça qui est formidable. Le voyage est ouvert à tous, voyager loin comme à côté de chez soi. Rêver d’un voyage, c’est déjà voyager. On voyage comme on le peut et comme on le veut. « Open your mind » comme ils disent dans la pub Nescafé !

Alors non ce n’est pas la fin, ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais, c’est peut-être la fin du commencement. En effet, ce premier long voyage en appel d’autres car c’est une expérience extraordinaire. On se surprend à être complètement libre et à voir toutes possibilités s’ouvrir à nous.

Ca a été un grand moment de quitter la France mais c’est aussi un grand moment pour moi de partir de ce pays si étranger au commencement et si familier maintenant. 4 mois passés dans ce pays à l’autre bout du monde coincé entre la Chine et L’inde. C’était pour moi le pays du mystère, de l’aventure, le pays de la solitude et de la spiritualité.

Je partais avec l’idée d’une aventure solitaire et cela c’est confirmé pendant ce voyage. Préférant tracer ma route plutôt que suivre celle des autres, préférant la liberté totale à des compromis touristiques. Je voulais que ce voyage m’appartienne pleinement, à chaque instant. Je suis maintenant satisfait de mon aventure car j’ai le sentiment d’avoir suivi mon instinct tout le long de ma route.

Hymne à la solitude et au dépaysement, le Népal offre des paysages à couper le souffle et des rencontres qui réchauffent le cœur. Au final, je n’ai été seul que peu de fois au sens propre du terme mais les différences culturelles donnent ce sentiment d’isolement. Il n’y a pas à pleurer ici bien au contraire, j’ai cherché cette solitude et cette solitude m’a trouvé. Rêve d’un gosse qui lisait des livres d’aventures, c’était le moyen d’écrire la mienne. Seul face à ce village perdu et désemparé face à la langue. Seul face à l’Everest et pleurant de joie devant le spectacle. Seul sur une table de restaurant où je ne partage pas les idées des autres touristes. Seul perdu dans le brouillard Himalayen avec l’angoisse qui monte au ventre. Il n’existe pas qu’une solitude et chacune à beaucoup de chose à nous apprendre. On se test pour se connaître et c’est souvent avec autour de beaucoup de monde que je me suis senti le plus seul.

Cette solitude m’a énormément apporté. Au niveau créatif et artistique par exemple, sans prétention bien sûr mais je prenais de plus en plus plaisir à écrire, à prendre des photos et même à dessiner. Je ne pense pas pouvoir développer ce côté de ma personnalité sans ces épreuves.

Je suis parti sans objectif et ça a été la meilleure façon d’appréhender le voyage. On ne fixe pas notre attention sur quelques choses en particulier et on reçoit tout ce que le pays à nous offrir. Et le Népal regorge de trésor dans les replis de l’Himal. Ces places qui vous semblent encore si lointaine me sont si familières. Le voyage, c’est faire rêver les autres et vivre son rêve à soi. Mais chacun son voyage, les photos ne reflète que l’aspect du pays que j’ai bien voulu vous montrez. Personne n’aura la même vision du Népal. Chacun construit sa propre expérience.

Je ne peux résumer 4 mois d’aventure en quelques mots. Il m’a fallu des dizaines et des dizaines d’article sur ce blog pour vous donnez qu’un aperçu de mon expérience. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas, il faut simplement les vivre. Et vous aurez beau me poser toutes les questions du monde, ça ne servira pas à grand-chose (là, j’anticipe habillement le flot de question de ma famille … attention sister !)

Je prends maintenant l’avion dans quelques heures. Mon retour en France est une nouvelle aventure. Mon pays et pourtant si étranger maintenant. Je trace ma route comme toujours. Je l’ai faite au Népal et je la continue en France, pas de fin, juste de la continuité.

C’est avec une certaine nostalgie que j’écris ces dernières lignes sur mon blog. Ce blog qui me permettait de me libérer, de partager, de tester ma plume. Je le garde précieusement et quel meilleur moyen d’avoir du recul sur cette expérience en se relisant (et en corrigeant les nombreuses fautes d’orthographes aussi).

Je tourne ici la dernière page de mon aventure et ferme définitivement ce livre qui m’aura suivi pendant mon périple et remerciant toutes les personnes qui m’auront soutenue et celle que j’ai croisé sur ma route.

Alors que mettre en quatrième de couverture ?

Peut être tout simplement : Merci Népal !

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J112 -> 116 : The Ghetto

Kritipur, quartier de Katmandou que je renomme ici le Ghetto. Rien de dangereux non, c’est juste que l’entrée de ce quartier me fait sérieusement penser à une célèbre photo des favelas de Rio d’un artiste que j’admire tout particulièrement : JR

Favelas de Rio

Kritipur, Katmandou

Bon ok mais moi j’y crois !

Donc me voilà à visiter ce quartier absolument pas touristique de Katmandou avec des amis Newari. Ils veulent absolument me faire voir leur culture et Kritipur est la place Newar par excellence à Katmandou.

C’est toujours plaisant de sortir des sentiers touristiques avec 4 guides qui me montre les petites merveilles de ce quartier. Enfin je retrouve un intérêt à Katmandou, cette ville qui m’a épuisé, j’y trouve ici du calme. Les moines portent la robe Jaune de la culture Newar.

Moines Newar

La vue sur Katmandou est juste époustouflante.

Vue depuis Kritipur

Même les singes sont admiratifs.

Sur les toits de Kritipur

Les enfants un peu moins mais toujours blagueurs.

Cheeeese

Et la fin de la journée nous est gratifié par un splendide arc-en-ciel survolant Katmandou.

Arc en ciel

Bref un très bon moment en bonne compagnie mais la nuit tombe et chacun regagne son foyer très vite. Je retourne à ma vie monastique forcée

Trouvez-moi ! ... Non je déconne, je suis derrière l'objectif

et j’en profite pour calmer mon esprit avant mon retour. Simplement apprécier cette place que se llama Boddhanath.

Boddhanath

Japa Mala

Je vous rassure, j'en suis pas encore à ce stade

 

J109 -> 111 : Gai Jatra

Après mon arrivé en héro dans Katmandou à traverser des rivières de boues à moto sous les pluies de la mousson Népalaise sur les routes défoncés surpeuplé de camion déglingués … ouai j’en fais peu être un peu trop mais c’était quand même bien la merde … me voilà de nouveau à Thamel mais cette fois, je n’y reste pas … oh non non non.
Direction Bouddhanath, le plus grand stupa du monde qui me semble une place plus calme … il me semble.

Bouddhanath

Malheureusement, j’ai la très mauvaise idée de vouloir un hôtel à côté d’un monastère. Je me dis calme et tranquillité pour ces derniers moments au Népal, c’est parfait.
Et oui mais j’avais oublié que la vie monastique n’est pas tout à fait compatible avec la mienne. C’est la cloche à 4 heure du mat qui réveille tous les chiens errants des rues et qui me font un formidable concert d’aboiement. Merci moines.
Bon je me résigne à accepter à condition de forçat monastique dans ce dernier hôtel car j’ai perdu tout espoir de trouver une place reposante dans cette ville de fou. Je découvre petit à petit les petites surprises qui sont le lot de chaque nouvel hôtel au Népal : pas d’eau chaude et encore … quand il y a de l’eau, extinction des feux à 22h, ronflement des moines qui séjourne avec moi ici.
Bref une place épuisante et fatigante, je n’arriverai malheureusement pas à me reposer avant mon retour, ce qui me fera d’autant plus apprécier mon retour en France.
Heureusement, quelques amis Népalais sont là pour me divertir et me faire découvrir les festivités locales : Gai Jatra, le festival de la vache. Fête de la caste Newar pour célébrer les défunts de l’année passée.
Je retourne à Basantapur, le Durbar Square de Katmandou avec ma famille d’accueil ici à Katmandou. La place est surpeuplé et c’est difficilement que j’arrive à suivre les petits gabaries Népalais au milieu de cette foule.

Foule à Durbar Square

Les jeunes de chaque famille portent le costume de la vache (qui ne ressemble en aucun cas à une vache) et chaque famille avance dans le flot du cortège qui fait la ronde autour de Katmandou.

Costume de Gai

Les photos des défunts flottent au dessus de la foule et les Newaris qui ne participe pas à la ronde font des offrandes à la famille en deuil.

Photo des défunts

Ce festival est un véritable melting pot de la culture Newari, la caste la plus importante du Népal et on y trouve un peu de tout. Un parapluie pas très efficace :

Tsata

Un vendeur de jouet qui en fait un peu trop :

Excessif !

Une petite diva version Nepal

Diva

Une journaliste un peu débordé par les évènements

A TV

Un … hmmmm un quoi d’ailleurs ?

?

Bref, c’est le chaos ici à Katmandou et malgré mes 4 mois passés au Népal, il y a des notions et des différences de culture auquel je ne me suis pas fait. La notion du temps par exemple.

Je suis donc ma famille d’accueil notamment pour voir le petit frère jouer du Khiiiiiiiiiii. Gros tambour et instrument traditionnel Newari. Nous arrivons à Durbar Square et nous le voyons partir faire la ronde au milieu des familles. On se pose en plein soleil sur le parvis de Durbar et on attend qu’il revienne. La seule chose que je ne savais pas, c’est que faire le tour prend environ 3 heures.

Me voilà donc à attendre, à attendre, à attendre l’arrivé du petit frère pour pouvoir le prendre en photo. C’est long, c’est très long et épuisant. Une pointe d’agacement, moi qui supporte difficilement la version statique. On apprend la patience. Au final, le petit frère revient de sa ronde.

Petit frère

Et me gratifie de son plus beau sourire en voyant que je le prend en photo. Mon agacement me paraît maintenant bien ridicule à côté du bonheur que j’ai pu apporté à cette famille de Katmandou, et à moi-même par la même occasion.

J107 -> 108 : Esprit Nomade

Le voyage, c’est l’impermanence. On apprend à le vivre comme ça en tout cas car c’est difficile de quitter des places qu’on aime. Esprit nomade sans cesse sur la route, me voilà à dire au revoir à quelques amis Népalais à Pokhara et direction ce village qu’on appelle Bandipur. Un Suisse a bien voulu me suivre pour cette petite aventure moto et nous voilà à partager nos ressentis sur le Népal, cela fait du bien de trouver un ami et de partager nos expériences … en Français.

Après quelques mésaventures mécaniques sur la moto de Fred (le Suisse) et aventure pour y remédier (je lui ramène directement le mécano du village voisin sur ma moto … fun), nous arrivons à bon port à Bandipur.

Ce village a gardé une véritable authenticité dans la vie Népalaise et la population y est très mais alors très accueillante. C’est un plaisir de se promener dans la rue principale piétonne et de discuter simplement avec les gens du coin qui sont toujours heureux quand on s’intéresse à eux.

Bandipur

Les paysages sont encore une fois sublimes et je profite de ces derniers instants de calme avant la folie Katmandou.

Bandipur

Dans les rues de Bandipur

Balade à travers les rizières qui volent au vent et partie d’échec au coin d’un table. La vie simple … tout simplement.

Rizière et colline

Sur les hauteurs de Bandipur

Mais encore une fois, nous ne trainons pas. Fred part pour l’Inde et je vais passer mes derniers instants Népalais à Katmandou. Pas le plus grand plaisir mais il faut bien retourner près de l’aéroport un jour où l’autre.

J’ai rencontré beaucoup de personne en voyage mais rare sont les amis. Ma vision du voyage diffère souvent des autres touristes mais j’ai trouvé celle de Fred et c’est une très bonne chose. Nos routes se séparent ici. Nos 2 motos se croisent devant cette baraque en terre perdu sur une route au milieu du Népal. Dernier coup d’oeil dans le rétro et j’accélère. L’esprit nomade est toujours présent. Bonne route à toi Fred.  Elle est pour toi celle là :

V - Victory

 

105 -> 106 : Down is a new up

Démarreur, klaxon, Ray Bon (la version Népal), clignotants même si inutile pour ce dernier. Me voilà de nouveau avec un réservoir de 15 litres entre les cuisses et le cul sur 150 cc et deux roues qui m’accompagneront pour le dernier Road Trip Népal. Mission cette fois, suivre la principale route du Népal, la Privithi Highway, direction Pokhara à nouveau. On the road again !!!

C’est avec une grande appréhension que je repars à 5 heures du mat de Thamel (pour éviter le trafic) et c’est avec un immense plaisir que j’arriverais à rejoindre Pokhara. Ma conduite s’est clairement amélioré et cette fois, je prend réellement plaisir à suivre les incessantes courbes de cette autoroute qui serpente inlassablement dans les contreforts de l’Himalaya. Seul la poussière reste le point déplaisant de cette aventure et j’arrive complètement noir à Pokhara. Les amis de mon hôtel ne manque pas de me charrier sur ce changement de couleur et la douche s’impose très très vite.

Et voilà la dernière phase de mon voyage, le grand finish, la dernière ligne droite avant mon retour. Et quelque chose à de nouveau à changer en moi concernant ce pays, je le ressens différemment. Le voyage est une succession d’impressions et de sensations qui nous font voir un pays à travers une petite fenêtre émotionnelle. La fenêtre change et le pays nous semble différent.

Et c’est à travers cette route que je me rend compte que j’aime profondément ce pays. 4 mois au Népal, c’est long et on retrouve souvent les mêmes choses. On s’habitue et ces paysages étaient devenu mon quotidien, ces Népalais était devenu commun. Quoi de plus normal de voir une vache au milieu de la route où un Népalais porté 80 kilos sur son front ?

Mais aujourd’hui, même si je connais ce paysage, je me rend compte qu’il est simplement beau. Des courbes qui longent des torrents de la taille d’un fleuve, des collines abruptes, des villages avec leurs armées de vendeur pour bus touristique, des tracteurs au moteur poussif, des rizières d’un vert éclatant qui brille au soleil.

On the bike

Bref, la moto au Népal, c’est vraiment incontournable. Rencontre éphémère au coin d’une table le temps d’une pause, Népalais aux grands sourires devant notre bécane et touristes aux yeux écarquillés en me voyant passer. Il faut oser mais rien de dangereux, suffit de savoir ces limites.

Ce pays est une véritable peinture vivante. Chaque paysage regorge d’une atmosphère particulière et je me surprends à vivre cette peinture à chaque instant en me disant « ça ferait un beau tableau ici ! ».

Rizière près de Pokhara

Et le voyage nous apprend un nouveau comportement vis à vis des problèmes. Il faut savoir que tout semble possible ici. Me voilà donc à réparer une pièce de ma moto chez un soudeur qui bossait dans le bâtiment

Arrêt au stand

et à prendre des photos de mon hôtel pour en faire la promotion (dans le but d’avoir une bière gratos bien sûr !).

Promo Silver Oaks

Vous me verrez donc bientôt sur les brochures du Silver Oaks Inn si vous êtes de passage à Pokhara, ce que je vous souhaite sincèrement.

 

 

 

J101 -> 104 : Enquête souvenirs

Me voilà de retour à Katmandou, Thamel. Quelle plaisir de retrouver la bonne bouffe et un peu de confort après un bon trek. Malheureusement, le plaisir fait rapidement face à la morosité de cette ville qui est très mais alors très difficile pour moi. Pollution, klaxon, bruit incessant.

Je me met en quête des meilleurs souvenirs et me voilà à arpenter les différentes boutiques de Thankas et autres peintures. Thamel a des petits trésors à découvrir mais c’est difficile de négocier les prix. Petites techniques de base qui vous permettront pour sûr de ne jamais vous faire complètement avoir :

  • Jamais mais alors JAMAIS entrer dans un magasin avec un appareil photo, prix doublé et négociation difficile assuré.
  • Privilégier des vêtements standard plutôt que les T-Shirt vert et jaune fluo du trek. Pratique pour être repéré en montagne, inutile à Thamel.
  • Faire plusieurs boutiques pour comparer les prix bien sûr mais le must du must, repérer le noms des peintres les plus répandus et le ressortir dans les boutiques : « Vous avez du Chandra ici ? » « Oh tu connais Chandra ! ». Vous gagnez au moins un thé dans la boutique !
  • Et si vous voulez pousser le vice, vous pouvez même proposer de monter un business avec le vendeur en sous-entendant que vous pourriez avoir une boutique sur Paris. Ohlala pas bien Vivien !!!
Bref, il y a quelques merveilleuses pépites que je prend le soin de sélectionner ici. Mais tout cela à un prix et l’argent descend vite ici à Thamel. Que faire d’autre ?
Aïe aïe aïe, allez je ressors mon appareil photo bien enfouie dans mon sac et rebranche la batterie. Comme dirait The Jackson Sisters : I believe in miracle !
Et ça marche, HE IS ALIVE !!!
Incroyable, cet appareil est un véritable tank. Allez hop, direction la rue pour retrouver le plaisir photo :

Durbar Square

Durbar Square

Oui je suis très pigeon en ce moment ! (au sens photographique du terme)

Patan

Je regarde ma montre et le temps est encore long. Bien que mon appareil soit de nouveau en vie, le mec qui joue du marteau toute la journée dans mon hôtel de Thamel est belle et bien vivant lui aussi. Mal de tête et courte nuit, c’est mon quotidien ici, à Thamel. Alors que faire ? Encore 2 semaines, je ne peux pas tenir ici.

Réfléchissons …

BILAN : Sagarmatha

Voilà, c’est fini pour l’aventure trek !

Je voulais que cette dernière expérience m’apporte beaucoup et un trek en solitaire est toujours un moment de vie intense. Moments difficiles à travers des journées dans la pluie perdu dans le brouillard comme des moments grandioses quand les montagnes se découvrent devant mes yeux. Moments de vies partagées avec les Sherpas qui gardent une simplicité extraordinaire comme des moments de solitude dans les crêtes acérées des montagnes Himalayennes.

Ce trek aura été pour moi le grand finish. Je venais pour l’Ama Dablam mais je n’ai eu que sa face Ouest. J’ai trouvé l’Everest à l’apogée de mon périple qui m’a rempli de bonheur. Des moments forts que je n’oublierai jamais. Des moments durs qui m’ont beaucoup appris.

J’ai presque abandonné au 6ème jour après la route Jiri – Lukla mais la méditation Vipassana m’a beaucoup apporté sur ça. Savoir s’écouter, prendre du repos quand il est nécessaire, découvrir ses limites encore et encore.

Les marches durant ce trek ne sont pas les plus belles. Certes le temps était toujours nuageux mais les villages sont toujours à but touristique. Les Sherpas vivent ici pour nous. Lodges, monastères. Ils se sont complètement dévoué à entretenir cette autoroute vers le ciel emprunté par des milliers de touristes chaque année. C’est à grand coup de hache et de scie que les Lodges s’agrandissent pour accueillir toujours plus de monde pendant la belle saison.

Triste réalité de ce pays Khumbu mais c’est la dure vie de la montagne, celle qui était inaccessible il y a encore 60 ans en arrière devient maintenant une source d’argent non négligeable pour ce pays qui reste l’un des plus pauvre au monde. Les Sherpas ont appris l’alpinisme après l’arrivé des premiers touristes qui voulait gravir ses sommets. Ils ont été pris pour des fous mais finalement, ils sont prêt à payer le prix fort. 30 000$ pour gravir l’Everest aujourd’hui, les Sherpas ont su faire créer leurs business sur la route du trek comme sur le toit du monde. Ce sommet qui semble inaccessible est finalement presque à la portée de tous. Un peu d’expérience alpine, un peu de temps et beaucoup d’argent. Beaucoup de guides sont prêt à tenter le pari de vous emmenez au sommet. Plus de 200 personnes gravissent l’Everest chaque année. Même un aveugle a réussi son ascension !

Mais assez parler de l’Everest, ce trek vers le camp de base offre des vues spectaculaires et beaucoup de touristes oublient de regarder les autres sommets. Certains sont grandioses de verticalité, impressionnant,  puissant comme le Nuptse, le Cholatse ou encore l’Everest. Monstres de neige et de glace qui impressionnent par leurs tailles. Mais les plus belles pépites sont celles que l’on découvre au fur et à mesure de cette marche vers les cieux. Je retiendrais bien sûr l’Ama Dablam et le Pumori qui font sonner l’harmonie dans leurs courbes. Une chef-d’oeuvre de la nature. Grace dans la silhouette et sensualité dans leurs totalités.

C’est comme ça que je vois les choses. Certains sommets sont masculins, bruts, acérés, verticaux. Ils en donnent plein la vue mais ne sont pas si invulnérables. D’autres sont féminins, gracieux, élancés. Et c’est finalement ces derniers qui donnent le plus de difficultés aux alpinistes d’aujourd’hui. Le Pumori étant réputé pour ses nombreuses avalanches et l’Ama Dablam par sa difficulté technique. Puissance masculine contre la grâce féminine. C’est ici la féminité qui règne en maître sur les cimes interdites.

Je n’aurais pas eu la photo de mes rêves mais je la garde en tête. Celle de la face Sud de l’Ama Dablam. Pas de regret, j’aurais au moins un croquis, une ébauche de cette montagne :

Croquis

Alors si un jour vous voulez entreprendre ce trek. S’il vous plait, n’oubliez pas de tourner la tête quand vous serez devant l’Everest, le Pumori est juste derrière vous !